Projet de loi · fiche du texte
Projet de loi de finances pour 2027 : contenu, débats en commission et calendrier à l'Assemblée
Le projet de loi de finances pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, vise selon ses auteurs à redresser les comptes publics tout en finançant les priorités régaliennes et la jeunesse. Après son dépôt, il a fait l'objet d'un examen en commission avec plus de 6000 amendements déposés ; la première lecture à l'Assemblée nationale est toujours en cours.
Ce que contient le texte
Le projet de loi de finances pour 2027 organise l'ensemble des recettes et dépenses de l'État pour l'année à venir. Il comporte des mesures fiscales variées : l'article 2 revalorise le barème de l'impôt sur le revenu en recherchant, selon l'exposé des motifs, « un traitement fiscal équivalent des différents types de revenus », tandis que l'article 3 réduit à 3 000 euros le plafond de l'abattement d'impôt sur le revenu pour les pensions de retraite.
Plusieurs articles soutiennent des secteurs économiques ciblés : l'article 9 crée un suramortissement pour l'industrie, l'article 10 instaure un dispositif de soutien aux reprises d'entreprises baptisé « pacte Papin », et l'article 13 comporte des mesures pour le secteur agricole, notamment via les « projets d'avenir agricole ». L'article 15 proroge et renforce la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises instaurée par la loi de finances pour 2025.
Le texte comporte aussi des mesures sensibles pour les ménages et les collectivités. L'article 54 instaure des droits d'inscription annuels en CPGE et en STS, formations jusqu'alors gratuites. L'article 37 crée une contribution progressive des collectivités territoriales à l'effort budgétaire (CPEB), dont le rendement prévisionnel est de 2,5 milliards d'euros selon l'exposé des motifs. L'article 34 fixe les montants de la dotation globale de fonctionnement et l'article 35 modifie les modalités d'attribution du FCTVA, en abaissant son taux forfaitaire de 5 points sauf pour les dépenses vertes et de voirie.
Les objectifs affichés par le Gouvernement
Selon l'exposé des motifs, ce budget est nécessaire pour éviter le recours à une loi spéciale, qui ne permettrait « aucune possibilité d'action ou d'inflexion sur les politiques publiques ». Les auteurs expliquent vouloir redresser les comptes publics face à une dégradation tendancielle du déficit, tout en indiquant que le texte « préserve la pleine capacité du prochain Gouvernement à mettre en œuvre ses priorités ».
Le texte prévoit 43 milliards d'euros de mesures de redressement contenues dans les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale pour 2027, auxquels s'ajoutent des effets de mesures prises antérieurement, pour un total de 54 milliards d'euros d'efforts. L'exposé des motifs indique que « l'ajustement prévu par le PLF mettra l'accent sur les dépenses et associera l'ensemble des sous-secteurs des administrations publiques », avec un gel des crédits des ministères hors défense en euros courants.
Le Gouvernement affiche également des priorités de dépenses : hausse de 6,4 milliards d'euros pour la Défense, de 1 milliard pour la sécurité intérieure et civile, de 0,4 milliard pour la justice, et de 1,1 milliard pour l'Éducation nationale, selon l'exposé des motifs.
Débats et positions en commission
L'examen en commission a donné lieu à de vifs débats entre groupes. Le groupe Socialistes et apparentés a porté de nombreux amendements adoptés, notamment la suppression de plusieurs alinéas de l'article 2 relatifs à la fiscalisation d'indemnités journalières, qu'il juge contraire à la justice fiscale, estimant que le texte fait « payer les malades plutôt que les multi-millionnaires ».
Le groupe LFI-NFP a multiplié les amendements de suppression, notamment contre l'article liminaire qu'il qualifie de « mascarade », et contre l'article 54 instaurant des droits d'inscription en CPGE et STS, dénoncé comme une atteinte à la gratuité de l'enseignement. Il a également porté des taxes nouvelles sur les navires de croisière et sur les rachats d'actions du CAC40.
Le groupe Rassemblement national a lui aussi obtenu la suppression de l'article 54 en commission et a fait adopter un amendement encadrant l'indexation des obligations d'État sur l'inflation (article 57). Le groupe Droite républicaine a pour sa part fait adopter la suppression de l'article 16 relatif au doublement de la TVA sur les services de télévision, évoquant un prélèvement supplémentaire de 304 millions d'euros pour l'État, susceptible selon lui de se répercuter sur le prix des abonnements. Le groupe Écologiste et social a également demandé la suppression de l'article 54 et porté des mesures environnementales, comme une taxe plastique.
Amendements marquants adoptés en commission
Sur 6 021 amendements déposés, 211 ont été adoptés en commission, 844 rejetés, 325 non soutenus et 154 tombés. Le groupe EPR a déposé le plus d'amendements (865, dont 41 adoptés), suivi par le groupe SOC (834 déposés, 37 adoptés) et le groupe DR (788 déposés, 29 adoptés). Le groupe LFI-NFP a vu 21 de ses 611 amendements adoptés, et le RN 9 sur 576.
Plusieurs suppressions d'articles emblématiques ont été votées en commission, notamment celles de l'article 54 sur les droits d'inscription en CPGE/STS (portées à la fois par SOC, LFI-NFP, RN et ECOS) et de l'article 37 créant la CPEB (demandée par SOC et LFI-NFP). Ces votes en commission ne préjugent pas du sort du texte en séance publique.
Où en est le texte
Le projet de loi de finances pour 2027 a été déposé le 1er octobre 2026 et se trouve en première lecture à l'Assemblée nationale, étape qui a débuté le 2 octobre 2025 et dont la fin est actuellement fixée au 16 novembre 2026. Le texte a été examiné en commission à partir du 2 octobre 2026, avec un avis publié le 7 octobre 2026.
Le statut actuel du dossier est « Texte déposé », ce qui signifie que l'examen en séance publique à l'Assemblée nationale n'a pas encore été retracé dans les données disponibles à ce stade. La procédure accélérée n'a pas été engagée sur ce texte.
Les amendements à retenir
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Amendement n° I-CF1156 · ART. 57 · RN · Adopté
Porté par le groupe RN et 117 cosignataires, cet amendement interdit l'indexation des nouveaux emprunts de l'État sur l'inflation, en modifiant l'article 57 ; il a été adopté en commission.
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Amendement n° I-CF1620 · ART. 53 · LFI-NFP · Adopté
Déposé par le groupe LFI-NFP, cet amendement supprime l'article 53 qui affecte 1,9 % du produit des forfaits de post-stationnement au budget général de l'État plutôt qu'aux collectivités ; il a été adopté.
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Amendement n° I-CF1584 · ART. 37 · LFI-NFP · Adopté
Le groupe LFI-NFP propose de supprimer l'article 37 créant la contribution progressive à l'effort budgétaire (CPEB), qu'il assimile à un nouveau DILICO ponctionnant 2,5 milliards d'euros sans remboursement ; adopté en commission.
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Amendement n° I-CF1140 · ART. 54 · ECOS · Adopté
Le groupe Écologiste et social fait adopter la suppression de l'article 54 instaurant des droits d'inscription en CPGE et STS, estimant la mesure contraire à la gratuité de l'enseignement supérieur.
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Amendement n° I-CF1505 · ART. 16 · DR · Adopté
Le groupe Droite républicaine, porté par 37 cosignataires, fait supprimer l'article 16 qui aurait doublé la TVA sur les services de télévision, pour un coût estimé à 304 millions d'euros de prélèvements supplémentaires.
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Amendement n° I-CF876 · APRÈS ART. 15 · LFI-NFP · Adopté
Le groupe LFI-NFP propose d'abaisser de 750 à 100 millions d'euros le seuil d'application de l'impôt minimum mondial de 15 % sur les multinationales ; l'amendement a été adopté en commission.
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Amendement n° I-CF362 · APRÈS ART. 15 · SOC · Adopté
Le groupe Socialistes et apparentés fait adopter une hausse du plafond du taux réduit d'impôt sur les sociétés pour les TPE et PME, porté de 42 500 à 49 000 euros de bénéfices.
Les amendements en chiffres
6 021 amendements déposés sur ce texte : 4 135 autres, 844 rejetés, 325 non soutenus, 253 irrecevables, 211 adoptés, 154 tombés, 99 retirés.
| Groupe | Déposés | Adoptés |
|---|---|---|
| EPR | 865 | 41 |
| SOC | 834 | 37 |
| DR | 788 | 29 |
| LFI-NFP | 611 | 21 |
| RN | 576 | 9 |
| LIOT | 476 | 26 |
| ECOS | 417 | 13 |
| HOR | 372 | 14 |
| UDR | 335 | 4 |
| DEM | 323 | 6 |
| GDR | 236 | 9 |
| NI | 186 | 2 |
| Gouvernement | 2 | 0 |
Questions fréquentes
Que contient le projet de loi de finances pour 2027 ?
Le PLF 2027 fixe l'ensemble des recettes et dépenses de l'État pour l'année, avec un objectif de déficit public de 5,0 % du PIB. Il comporte des mesures fiscales comme la revalorisation du barème de l'impôt sur le revenu (article 2), des dispositifs de soutien à l'industrie et à l'agriculture, ainsi que des mesures contestées comme les droits d'inscription en CPGE/STS (article 54) ou la contribution des collectivités à l'effort budgétaire (article 37).
Quand le PLF 2027 a-t-il été déposé ?
Le projet de loi de finances pour 2027 a été déposé à l'Assemblée nationale le 1er octobre 2026, conformément au calendrier organique habituel.
Où en est l'examen du PLF 2027 ?
Le texte est en première lecture à l'Assemblée nationale, étape commencée le 2 octobre 2025 et dont le terme prévu est le 16 novembre 2026. Il a été examiné en commission début octobre 2026, avec un avis publié le 7 octobre 2026. L'examen en séance publique n'apparaît pas encore dans les données disponibles.
Combien d'amendements ont été déposés sur ce texte ?
6 021 amendements ont été déposés au total. Parmi eux, 211 ont été adoptés, 844 rejetés, 325 non soutenus, 253 jugés irrecevables, 154 sont tombés et 99 ont été retirés.
Qui s'oppose aux droits d'inscription en CPGE et STS prévus par l'article 54 ?
Les groupes Socialistes et apparentés, LFI-NFP, RN et Écologiste et social ont tous déposé des amendements de suppression de l'article 54 en commission, qui ont été adoptés. Ils estiment que cette mesure remet en cause la gratuité de l'enseignement supérieur pour les étudiants en CPGE et en STS.
Qu'est-ce que la contribution progressive à l'effort budgétaire (CPEB) prévue par le PLF 2027 ?
L'article 37 institue la CPEB, une contribution des collectivités territoriales et de leurs groupements à l'effort budgétaire, dont le rendement prévisionnel est de 2,5 milliards d'euros selon l'exposé des motifs. Elle concernera 40 % des communes, l'ensemble des EPCI à fiscalité propre hors outre-mer et 60 % des départements. Le groupe LFI-NFP a fait adopter en commission un amendement de suppression de cet article.
Veille opérée sur ce texte
Les amendements déposés sur ce texte, suivis par dossier et mis à jour chaque jour :
- Fiscalité et budget des outre-mer (306)
- Droits de succession et donations (268)
- Taxe foncière et fiscalité locale (257)
- Retraites (205)
- Audiovisuel, cinéma et streaming (199)
- CVAE et impôts de production (169)
- Billets d’avion et transport aérien (168)
- Prêt à taux zéro et accession (145)
- Malus automobile et fiscalité des véhicules (142)
- LMNP et meublés de tourisme (132)
- Pacte Dutreil et transmission d’entreprise (131)
- Apprentissage et taxe d’apprentissage (110)
- Surtaxe d’IS des grandes entreprises (107)
- Crédit d’impôt recherche (CIR) (100)
- Mécénat et dons aux associations (94)
- Assurance-vie et épargne (91)
- Accises sur l’électricité, le gaz et les carburants (91)
- Taxe Zucman et hauts patrimoines (78)
- Mutuelles et complémentaires santé (71)
- Holdings patrimoniales (70)
- Plastique, emballages et TGAP (66)
- Tabac, nicotine et vapotage (55)
- Taxe sur les transactions financières (51)
- Taxe sur les services numériques (50)
- Alcool, vins et spiritueux (48)
- Médicament et clause de sauvegarde (45)
- Taxe sur les rachats d’actions (43)
- Allègements de cotisations patronales (35)
- Jeux d’argent et paris sportifs (18)
- Franchises et participations forfaitaires (7)
- Taxe soda et sucres ajoutés (6)
Les dates d'examen, du dépôt à la promulgation : calendrier du PLF 2027.