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Lexique parlementaire

Motion de rejet préalable

Variante de la question préalable à l'Assemblée nationale, introduite en 2014. Vise à rejeter un texte sans débat de fond. Si adoptée, le texte est rejeté.

La motion de rejet préalable est une variante de la question préalable introduite à l’Assemblée nationale par la réforme du règlement de 2014. Elle a remplacé la question préalable classique à l’AN, mais celle-ci subsiste au Sénat.

Différence avec la question préalable

Sur le plan substantiel, peu de différence : argumentation politique pour rejeter un texte.

Sur le plan procédural :

  • Limitation : un seul orateur par groupe pour la défendre, 5 minutes maximum
  • Pas de débat général : passage rapide à l’examen
  • Pas de vote par scrutin public (sauf demande)

L’objectif de la réforme 2014 était de réduire l’obstruction parlementaire : les questions préalables étaient devenues des tribunes politiques très longues qui retardaient l’examen.

Procédure actuelle à l’AN

  1. Dépôt d’une motion de rejet préalable par un groupe politique
  2. Présentation par un orateur (5 min)
  3. Réponse d’un orateur favorable au texte (5 min)
  4. Avis rapporteur + Gouvernement (rapide)
  5. Vote

Si adoptée → texte rejeté pour la session. Si rejetée → débat continue.

À comparer avec le Sénat

Au Sénat, la question préalable classique subsiste, avec 30 minutes de présentation. Plus long, plus solennel.

ChambreMotionDurée maximum
ANMotion de rejet préalable5 min
SénatQuestion préalable30 min

Usage récent à l’AN

Plusieurs réformes phares ont fait l’objet de motions de rejet préalable :

Loi Macron (2015)

Plusieurs déposées, toutes rejetées.

Loi Travail (2016)

Multiples motions rejetées en cascade.

Réforme des retraites (2023)

Motion de rejet préalable rejetée à quelques voix près. Annonce le climat de tension.

Loi Immigration (2024)

Motion de rejet préalable adoptée : rejet du texte, déclenchement de la CMP.

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