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Le Sénat · Première lecture · Scrutin n° 310

Le Sénat rejette la motion de rejet préalable et adopte le projet de loi ouvrant le travail des salariés volontaires le 1er mai chez les boulangers-pâtissiers et fleuristes artisanaux

Le Sénat a rejeté, par 244 voix contre 98, la motion de question préalable déposée par le groupe Écologiste contre le projet de loi permettant, sous conditions d'accord de branche et de volontariat, le travail le 1er mai des salariés des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes. Le texte a ensuite été adopté dans son ensemble par le Sénat.

Vote du mardi 16 juin 2026 · Par la rédaction Legiwatch · Mis à jour le

Rejetée
Pour
98
Contre
244
Abstentions
0

Une motion de rejet repoussée avant l'examen du texte

Avant même d'entrer dans l'examen des articles, le Sénat devait se prononcer sur une motion tendant à opposer la question préalable, déposée par Raymonde Poncet Monge et les membres du groupe Écologiste - Solidarité et Territoires. Cette motion, qui visait à faire rejeter d'emblée le projet de loi sans discussion de son contenu, a été repoussée par 244 voix contre 98, les groupes LR, UC, LIRT, RDPI et RDSE votant contre tandis que SER, CRCE-K et GEST la soutenaient.

Défendant sa motion, Raymonde Poncet Monge a estimé que le texte constituerait « le premier coup de canif porté au 1er mai », qu'elle a qualifié de « rupture juridique, politique, démocratique ». Elle a également relevé que le Conseil d'État proposait de modifier l'intitulé du texte pour en retirer le terme de « sécurisation », suggérant de parler plutôt de « création d'une dérogation nouvelle ».

Ce que prévoit le texte, selon le ministre et le rapporteur

Le ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a présenté ce projet de loi comme la réponse à une insécurité juridique née d'un arrêt de la Cour de cassation de 2006, qui a mis fin à une tolérance administrative permettant aux artisans boulangers-pâtissiers et fleuristes de faire travailler leurs salariés le 1er mai. Selon lui, l'article unique du texte « ajoute au code du travail un nouvel alinéa précisant que les artisans boulangers-pâtissiers et les artisans fleuristes peuvent faire travailler leurs salariés volontaires le 1er mai si l'accord de branche le prévoit », le dispositif restant, selon ses chiffres, limité à « moins de 1 % des salariés en France ».

Le rapporteur Olivier Henno (UC) a rappelé que le Sénat avait déjà adopté, en juillet 2025, une proposition de loi au périmètre plus large, restée sans suite après le rejet d'une motion à l'Assemblée nationale puis le renoncement du Gouvernement à convoquer une commission mixte paritaire. Il a jugé le nouveau texte, recentré sur les deux professions concernées, « pragmatique » et a donné un avis défavorable à la motion, tout en notant que les organisations professionnelles auditionnées avaient souligné « la complexité des négociations de branche à venir » et regretté ne pas avoir été consultées sur la rédaction du texte.

Des oppositions fondées sur le symbole du 1er mai et le volontariat contesté

Pour Cathy Apourceau-Poly (CRCE-K), ce texte relève d'une « obsession antisociale » et viserait, sous couvert d'un périmètre restreint, à « entamer un processus de remise en cause » du 1er mai. Monique Lubin (SER) a dénoncé un manque de consultation des syndicats, rappelant que huit organisations avaient écrit au Premier ministre pour demander de ne pas réformer ce texte porteur, selon elle, « d'histoire sociale et de conquêtes collectives ».

Plusieurs orateurs de gauche ont contesté la réalité du volontariat invoqué par le texte. Raymonde Poncet Monge a jugé qu'« il n'y a pas de petite remise en cause du 1er mai » et que le volontariat resterait un « leurre » compte tenu du « rapport de force défavorable » aux salariés. Silvana Silvani (CRCE-K) a affirmé que « le volontariat libre et consenti n'existe pas ».

Les défenseurs du texte invoquent la sécurité juridique des artisans

Du côté des groupes ayant voté contre la motion, Pascale Gruny (LR) a estimé que le texte « met fin à cette situation ubuesque » où « un McDonald's peut ouvrir le 1er mai, mais pas une boulangerie artisanale ». Annick Billon (UC), à l'origine avec Hervé Marseille de la précédente proposition de loi sénatoriale, a rappelé les verbalisations de boulangers vendéens en 2024, finalement relaxés, et jugé que le texte ne visait qu'à « donner une base légale à des pratiques en vigueur depuis plus de quarante ans ».

Daniel Chasseing (LIRT) a également soutenu le texte, estimant qu'il « ne met absolument pas fin au caractère férié, chômé et payé du 1er mai » et qu'il « protège davantage la liberté des travailleurs » que la précédente proposition de loi. Xavier Iacovelli (RDPI) a de son côté fait valoir que « personne ne sera obligé de travailler » et que le volontariat serait « obligatoire », l'accord du salarié devant être écrit.

Les réactions

Sur Bluesky, Raymonde Poncet Monge (GEST) a publié, le jour du vote, avant la séance, un message annonçant sa participation à un rassemblement organisé par les syndicats devant le Sénat contre ce qu'elle a qualifié d'« attaque du 1er mai ». Au lendemain de l'adoption du texte, elle a détaillé son opposition dans une série de messages, affirmant que ce ne sont pas les salariés que l'on sécurise mais les employeurs, et regrettant l'adoption du texte au Sénat, qu'elle a attribuée aux voix de la droite sénatoriale et de la majorité présidentielle.

Le vote groupe par groupe

Groupe Membres Pour Contre Abst. Répartition
LR 131 0 130 0
SER 65 64 0 0
UC 59 0 59 0
LIRT 20 0 20 0
RDPI 19 0 19 0
CRCE-K 18 18 0 0
GEST 16 16 0 0
RDSE 16 0 16 0
NI 4 0 0 0

Pour Contre Abstention Non-votant ou absent

Et maintenant ?

La motion étant rejetée, le Sénat a poursuivi l'examen du texte.

Le texte

Projet de loi de sécurisation du travail le 1er mai des salariés volontaires des boulangers-pâtissiers artisanaux et des artisans fleuristes grâce au dialogue social de branche (projet de loi, déposé le 29 avril 2026). Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée.

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Article rédigé par Legiwatch avec l'aide d'une intelligence artificielle, à partir du compte rendu officiel des débats et des données de l'Assemblée nationale (fiche officielle du scrutin). Les arguments sont attribués à leurs auteurs, les citations et les chiffres sont vérifiés automatiquement dans les sources avant publication. Une erreur ? Signalez-la. Mis en ligne le 27 septembre 2026.