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Le Sénat · Texte de la commission mixte paritaire · Scrutin n° 323

Le Sénat adopte les conclusions de la commission mixte paritaire sur l'actualisation de la loi de programmation militaire

Le Sénat a adopté le 30 juin 2026, par 309 voix pour et 34 contre, le texte issu de la commission mixte paritaire sur l'actualisation de la loi de programmation militaire pour 2024-2030. L'Assemblée nationale a également adopté ce texte le 1er juillet.

Vote du mardi 30 juin 2026 · Par la rédaction Legiwatch · Mis à jour le

Adopté
Pour
309
Contre
34
Abstentions
2

Une trajectoire financière rétablie en commission mixte paritaire

Le rapporteur Cédric Perrin (LR) a présenté ce vote comme l'aboutissement d'un débat marqué, selon lui, par la nécessité de « sincériser » le texte de 2023, qu'il a jugé « sous-financé d'au moins 30 milliards d'euros ». Il a indiqué avoir fait adopter en CMP un amendement majorant l'annuité 2028 de 1,2 milliard d'euros, financé à enveloppe constante au détriment des annuités 2029 et 2030.

La ministre des armées Catherine Vautrin a défendu un texte qui « concrétise une accélération financière en allouant à nos armées 36 milliards d'euros supplémentaires entre 2026 et 2030 », estimant qu'il était devenu, après l'accord en CMP, « le texte du Parlement ».

André Guiol (RDSE) a rappelé que le Sénat avait, en première lecture, rejeté l'article 2 par une partie de la droite sénatoriale après l'adoption d'un amendement du Gouvernement y rétablissant les 36 milliards, ce qui avait privé le texte de toute trajectoire financière. Il a salué le fait que « la CMP a réparé ce vide » en rétablissant une trajectoire budgétaire. Rachid Temal (SER) a également revendiqué le rôle de son groupe et du Gouvernement pour « maintenir ces 36 milliards d'euros que certains ont souhaité retirer ».

Un débat sur le niveau de l'effort et son financement

Une partie de la majorité sénatoriale avait porté en commission la trajectoire à 50 milliards d'euros supplémentaires. Pascal Allizard (LR), président de la CMP, a regretté que cette hausse, qui aurait constitué selon lui « un signal économique » et « un signal stratégique », n'ait finalement pas été retenue, l'effort restant limité aux 36 milliards initiaux.

Guillaume Gontard (GEST) a dénoncé une « guérilla budgétaire » menée par les Républicains au Sénat, rappelant que le rejet de l'article 2 avait fait passer la rallonge « à zéro euro » avant l'intervention de la CMP. Son groupe a voté contre le texte, estimant que la trajectoire ignore, selon lui, trois problèmes : l'absence de contribution des plus aisés et des sociétés d'armement, l'insuffisance de la coopération européenne après l'échec du Scaf, et l'absence de débat sur les objectifs stratégiques assignés aux armées.

Michelle Gréaume (CRCE-K) a également voté contre, estimant que les 36 milliards d'euros supplémentaires « sont autant de crédits qui ne seront pas investis dans les services publics » et plaidant pour une « approche fondée sur la stricte suffisance ». Joshua Hochart (NI), qui a voté pour, a jugé que le texte revenait à l'effort initial de 2,5 % du PIB en 2030 sans avoir obtenu le relèvement à 2,7 % souhaité par la majorité sénatoriale.

Des garanties de financement et des mesures normatives

Plusieurs orateurs favorables au texte ont insisté sur les garanties apportées à la trajectoire budgétaire. Olivier Cigolotti (UC) a détaillé les dispositions, issues d'une proposition du rapporteur spécial Dominique de Legge, destinées à protéger les crédits « des à-coups des gels budgétaires, des éventuels surcoûts liés aux opérations extérieures et du coût de remplacement des équipements ». Jean-Pierre Grand (LIRT) a estimé que ce compromis « protège nos armées » sans lever selon lui l'écart entre l'objectif de 2,5 % du PIB en 2030 et celui de 3,5 % en 2035.

Sur le plan normatif, le texte crée, selon les orateurs, un régime d'état d'alerte de sécurité nationale, une réserve sanitaire mobilisable en cas de menace grave et renforce le rôle du correspondant défense. Thani Mohamed Soilihi (RDPI) a salué des dispositions spécifiques pour Mayotte, notamment le lancement d'études sur le renforcement des moyens de surveillance des approches de l'île.

Le vote groupe par groupe

Groupe Membres Pour Contre Abst. Répartition
LR 131 130 0 0
SER 65 65 0 0
UC 59 56 0 2
LIRT 20 20 0 0
RDPI 19 19 0 0
CRCE-K 18 0 18 0
GEST 16 0 16 0
RDSE 16 16 0 0
NI 4 3 0 0

Pour Contre Abstention Non-votant ou absent

Et maintenant ?

Les conclusions d'une commission mixte paritaire doivent être approuvées par les deux assemblées. Si l'autre chambre les a déjà votées ou les vote dans les mêmes termes, le texte est définitivement adopté. Une fois définitivement adopté, le texte peut être déféré au Conseil constitutionnel (notamment par 60 députés ou 60 sénateurs) avant sa promulgation par le Président de la République, qui dispose de quinze jours.

Le texte

Projet de loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (projet de loi, déposé le 1 avril 2026). Le Gouvernement a engagé la procédure accélérée.

Tous les votes et l'avancement de ce texte

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Article rédigé par Legiwatch avec l'aide d'une intelligence artificielle, à partir du compte rendu officiel des débats et des données de l'Assemblée nationale (fiche officielle du scrutin). Les arguments sont attribués à leurs auteurs, les citations et les chiffres sont vérifiés automatiquement dans les sources avant publication. Une erreur ? Signalez-la. Mis en ligne le 27 septembre 2026.