Proposition de loi · fiche du texte
Droit de l'enfant à un avocat en assistance éducative : ce que prévoit la loi promulguée en 2026
Cette proposition de loi généralise l'assistance obligatoire d'un avocat pour tout enfant concerné par une procédure d'assistance éducative, sans condition de discernement, avec prise en charge intégrale par l'aide juridictionnelle. Adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale en dernière lecture le 1er juillet 2026, elle a été promulguée le 13 juillet 2026.
Ce que change le texte
Le texte modifie l'article 375-1 du code civil. Il prévoit qu'« en matière d'assistance éducative, le mineur, sans condition de discernement, est assisté d'un avocat » et que, « dès l'ouverture de la procédure, le juge des enfants demande au bâtonnier la désignation d'un avocat ». Le juge informe de cette désignation le mineur, ses représentants légaux et, le cas échéant, le service ou la personne à qui il a été confié ; le mineur conserve la possibilité de choisir librement son propre avocat.
Le texte maintient la possibilité, pour le juge des enfants, de désigner un administrateur ad hoc dans les conditions prévues par l'article 388-2 du code civil, en complément de l'avocat.
Sur le plan financier, l'assistance de l'avocat est, selon le texte, « de droit, intégralement prise en charge par l'État au titre de l'aide juridictionnelle », Sur le plan financier, l'assistance de l'avocat est, selon le texte, « de droit, intégralement prise en charge par l'État au titre de l'aide juridictionnelle ».
Un article, initialement placé en premier dans la proposition de loi et qui modifiait le code de procédure civile, a été supprimé dès l'examen en commission à l'Assemblée nationale, ses auteurs et la rapporteure ayant estimé que cette disposition relevait du domaine réglementaire. La numérotation des articles a été décalée en conséquence.
L'entrée en vigueur de la mesure a été reportée au 6 janvier 2027 par un amendement adopté au Sénat, afin de laisser aux juridictions et aux barreaux le temps de s'organiser. Un article de gage prévoit la compensation de la charge pour l'État par une taxe additionnelle à l'accise sur les tabacs.
Les objectifs affichés par les auteurs
Selon l'exposé des motifs, la Convention internationale des droits de l'enfant fait de l'intérêt supérieur de l'enfant « une considération primordiale dans toutes les décisions le concernant », y compris celles des tribunaux. Les auteurs relèvent qu'en matière pénale la présence d'un avocat est déjà obligatoire pour un mineur en conflit avec la loi, mais qu'en matière d'assistance éducative elle reste laissée à la discrétion du juge des enfants, avec un accès différencié selon que l'enfant a plus ou moins de 13 ans.
Les auteurs font valoir que la présence systématique d'un avocat permettrait de « garantir l'exercice effectif de droits procéduraux », de « favoriser un traitement égal de chaque enfant devant la justice » et de constituer une « mémoire » pour l'enfant tout au long de son parcours en protection de l'enfance. Ils citent les États généraux de la justice de 2022, dont un rapport recommandait déjà la présence systématique d'un avocat pour tous les enfants, ainsi que des expérimentations menées avec succès par certains barreaux, notamment celui des Hauts-de-Seine.
Les débats et les positions des groupes
En commission à l'Assemblée nationale, les groupes EPR, HOR, DEM et la rapporteure du groupe SOC ont porté conjointement la rédaction de l'article instaurant l'assistance systématique par un avocat et sa prise en charge intégrale par l'aide juridictionnelle, ainsi que la suppression de l'article relatif au code de procédure civile, jugé de nature réglementaire.
En séance à l'Assemblée, le groupe RN a déposé plusieurs amendements sur le texte : l'un excluait les personnes dont la minorité n'est pas jugée vraisemblable, un autre conditionnait la désignation d'un administrateur ad hoc à « l'intérêt de l'enfant », un troisième proposait d'inscrire le principe de prise en charge par l'aide juridictionnelle dans la loi de 1991 sur l'aide juridique plutôt que dans le code civil, un dernier supprimait la mention « et de protection de l'enfance » dans le titre. Tous ont été rejetés. Le groupe DR a pour sa part proposé de transformer la mesure en une expérimentation limitée dans le temps et à un nombre restreint de tribunaux, également rejetée.
Au Sénat, la commission a d'abord adopté, à l'initiative du groupe UC, une réécriture de l'article prévoyant une expérimentation de dix-huit mois dans au moins cinq tribunaux judiciaires, réservée aux mineurs capables de discernement concernés par une mesure de placement, au motif des conséquences organisationnelles et budgétaires d'une généralisation immédiate. Mais en séance, les groupes LIRT, LR, UC, RDPI, SER, RDSE et GEST ont chacun déposé des amendements rétablissant la rédaction votée par l'Assemblée nationale en première lecture, tous adoptés.
En deuxième lecture à l'Assemblée, le groupe RN a tenté, sans succès, de supprimer le report de l'entrée en vigueur au 6 janvier 2027 introduit par le Sénat, avant de retirer son amendement.
Les amendements qui ont marqué le texte
Sur les 78 amendements déposés, 29 ont été adoptés, 14 rejetés, 19 sont tombés, 14 ont été retirés et 2 déclarés irrecevables. Le groupe SOC a vu ses 6 amendements adoptés, tout comme les 4 de EPR ; le groupe DEM a obtenu l'adoption de 4 de ses 6 amendements et HOR de 3 de ses 6. À l'inverse, aucun des 26 amendements du RN ni des 15 du groupe DR n'a été adopté.
Le basculement le plus net s'est produit au Sénat : la commission a d'abord restreint le dispositif à une expérimentation, avant que la séance ne le généralise à nouveau en rétablissant la rédaction de l'Assemblée, à travers une série d'amendements de groupes différents portant tous la même rédaction.
La date d'entrée en vigueur a elle-même évolué en deux temps au Sénat : un premier amendement avait fixé le report au 2 mai 2027, avant qu'un second amendement, du groupe socialiste au Sénat, ne le ramène au 6 janvier 2027.
Où en est le texte
Le texte a été définitivement adopté par l'Assemblée nationale en deuxième lecture le 1er juillet 2026, par 292 voix pour et aucune voix contre, tous les groupes ayant voté majoritairement en faveur du texte, y compris le RN, la DR, l'EPR, le LFI-NFP, le SOC, l'ECOS, le DEM, le HOR, le LIOT, l'UDR, le GDR et les non-inscrits. La loi a été promulguée le 13 juillet 2026.
Les amendements à retenir
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Amendement n° COM-1 · Article 2 · UC · Adopté
En commission au Sénat, le groupe UC fait adopter une réécriture transformant l'assistance systématique de l'avocat en une expérimentation de dix-huit mois dans au moins cinq tribunaux judiciaires, réservée aux mineurs capables de discernement concernés par une mesure de placement.
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Amendement n° 2 · Article 2 · LR · Adopté
En séance au Sénat, le groupe LR fait adopter un amendement rétablissant la rédaction votée par l'Assemblée nationale, supprimant l'expérimentation introduite en commission et généralisant à nouveau l'assistance de l'avocat sans condition de discernement.
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Amendement n° 10 · Article 2 · SER · Adopté
Le groupe SER fait adopter au Sénat, par un vote avec scrutin, le report de l'entrée en vigueur de la mesure au 6 janvier 2027, afin de laisser aux juridictions et aux barreaux le temps de s'organiser.
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Amendement n° 6 (Rect) · APRÈS ART. 2 · RN · Rejeté
Le groupe RN propose d'inscrire le droit à l'aide juridictionnelle pour les mineurs en assistance éducative dans la loi de 1991 sur l'aide juridique plutôt que dans le code civil ; l'amendement est rejeté en séance à l'Assemblée.
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Amendement n° CL47 · ART. PREMIER · SOC · Adopté
La rapporteure du groupe SOC fait adopter en commission la suppression de l'article initial modifiant le code de procédure civile, jugé de nature réglementaire, ce qui entraîne le décalage de la numérotation des articles suivants.
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Amendement n° 1 · ART. 2 BIS · RN · Retiré
En deuxième lecture à l'Assemblée, le groupe RN dépose un amendement pour supprimer le report de l'entrée en vigueur au 6 janvier 2027 introduit par le Sénat ; il est retiré avant le vote.
Les amendements en chiffres
78 amendements déposés sur ce texte : 29 adoptés, 19 tombés, 14 retirés, 14 rejetés, 2 irrecevables.
| Groupe | Déposés | Adoptés |
|---|---|---|
| RN | 26 | 0 |
| DR | 15 | 0 |
| SOC | 6 | 6 |
| DEM | 6 | 4 |
| HOR | 6 | 3 |
| EPR | 4 | 4 |
| LFI-NFP | 3 | 1 |
| UC | 2 | 2 |
| SER | 2 | 2 |
| Autre | 2 | 1 |
| ECOS | 1 | 1 |
| LIRT | 1 | 1 |
| LR | 1 | 1 |
| RDPI | 1 | 1 |
| RDSE | 1 | 1 |
| GEST | 1 | 1 |
Tous les votes sur ce texte
- Assemblée nationale Deuxième lectureL'Assemblée nationale adopte la proposition de loi visant à assurer le droit de chaque enfant à être assisté d'un avocat dans le cadre d'une mesure d'assistance éducative et de protection de l'enfance
Adopté · 292 pour, 0 contre, 0 abstentions
Questions fréquentes
Que contient la proposition de loi sur l'avocat de l'enfant en assistance éducative ?
Elle modifie l'article 375-1 du code civil pour rendre obligatoire l'assistance d'un avocat pour tout mineur concerné par une procédure d'assistance éducative, sans condition de discernement. Le juge des enfants demande d'office au bâtonnier la désignation d'un avocat, et cette assistance est intégralement prise en charge par l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Quand la loi sur le droit à l'avocat des enfants a-t-elle été adoptée ?
L'Assemblée nationale l'a adoptée en deuxième et dernière lecture le 1er juillet 2026, par 292 voix pour et aucune contre. La loi a ensuite été promulguée le 13 juillet 2026.
Qui a voté contre ce texte ?
Aucun groupe n'a voté contre lors du vote final à l'Assemblée nationale le 1er juillet 2026 : tous les groupes, du RN au LFI-NFP en passant par le SOC, l'EPR ou la DR, ont voté majoritairement pour, pour un total de 292 voix favorables et zéro voix contre.
Le Sénat a-t-il modifié le texte de l'Assemblée nationale ?
Oui. En commission, le Sénat a d'abord transformé la mesure en une expérimentation limitée à dix-huit mois dans au moins cinq tribunaux judiciaires et réservée aux mineurs capables de discernement. En séance, plusieurs groupes ont toutefois fait adopter des amendements rétablissant la version votée par l'Assemblée, et un amendement a fixé l'entrée en vigueur de la mesure au 6 janvier 2027.
Quand la mesure sur l'avocat des enfants entre-t-elle en vigueur ?
Selon le texte adopté, l'article relatif à l'assistance de l'avocat entre en vigueur le 6 janvier 2027, une date de report introduite par un amendement sénatorial pour laisser aux juridictions et aux barreaux le temps de s'organiser.
Combien d'amendements ont été adoptés sur ce texte ?
Sur les 78 amendements déposés au total, 29 ont été adoptés, 14 rejetés, 19 sont tombés, 14 ont été retirés et 2 ont été déclarés irrecevables.