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Lexique parlementaire

Sur-transposition

Pratique consistant à transposer une directive européenne en allant au-delà des obligations strictement imposées par le texte. Identifiée par la circulaire du 26 juillet 2017 comme un facteur de désavantage compétitif pour les entreprises françaises.

La sur-transposition (en anglais gold-plating) consiste, pour un État membre, à transposer une directive européenne en y ajoutant des obligations plus strictes que celles strictement imposées par le texte européen.

Trois formes classiques

  • Champ d’application élargi : la directive vise les entreprises de plus de 250 salariés, la transposition française descend à 50.
  • Seuils plus stricts : la directive autorise un délai de 12 mois, la transposition impose 6.
  • Procédures supplémentaires : ajout d’un avis consultatif, d’une déclaration administrative, d’un contrôle local non prévus par le texte européen.

Pourquoi c’est un sujet politique

La sur-transposition a longtemps été présentée comme un signal de haut niveau d’ambition (environnement, droits sociaux). À partir des années 2010, elle a été critiquée comme :

  • Créant un désavantage compétitif pour les entreprises françaises face à leurs concurrents européens.
  • Rendant le droit illisible : la disposition française ne reflète pas le standard européen.
  • Cachant des choix politiques au prétexte d’une obligation européenne inexistante.

Le contrôle français

  • Circulaire du 26 juillet 2017 « Maîtrise du flux des textes réglementaires et de leur impact » : oblige à signaler dans la fiche d’impact toute disposition de transposition qui va au-delà des obligations européennes.
  • Mission inter-inspections de revue des sur-transpositions (2018-2019) : a identifié plusieurs dizaines de dispositions à corriger, intégrées ensuite à la loi PACTE et à la loi ASAP.
  • Conseil d’État : examine systématiquement la justification de toute disposition allant au-delà du minimum européen lors de la saisine sur un projet de transposition.

Pour les affaires publiques

La sur-transposition est un terrain de bataille classique pour les fédérations professionnelles :

  • Repérer le delta entre la directive et le projet de transposition.
  • Construire un argumentaire comparatif avec les transpositions allemande, néerlandaise, italienne.
  • Activer le Conseil d’État via la consultation publique ou des auditions parlementaires.
  • Suivre les amendements parlementaires sur les projets de transposition, où la sur-transposition est souvent retirée puis réintroduite.

Sources officielles

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la sur-transposition d'une directive européenne ?

La sur-transposition (ou « gold-plating ») consiste à transposer une directive européenne en y ajoutant des obligations plus strictes que celles imposées par le texte européen, par exemple en abaissant un seuil, en élargissant le champ d'application ou en ajoutant des procédures non prévues.

Pourquoi la sur-transposition est-elle considérée comme un problème ?

Elle crée un désavantage compétitif pour les entreprises françaises face à leurs concurrents européens qui ne sont soumis qu'au standard minimal, rend le droit moins lisible et peut masquer des choix politiques nationaux derrière une obligation européenne qui n'existe pas réellement.

Quel mécanisme oblige à signaler les sur-transpositions en France ?

La circulaire du 26 juillet 2017 oblige à signaler dans la fiche d'impact toute disposition de transposition allant au-delà des obligations européennes. Le Conseil d'État examine également la justification de chaque disposition dépassant le minimum européen lors de la saisine sur un projet de transposition.

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