Lexique parlementaire
Convention de Vienne sur le droit des traités
Traité multilatéral adopté en 1969 codifiant les règles applicables à la conclusion, à l'interprétation, à l'application et à l'extinction des traités entre États.
La Convention de Vienne sur le droit des traités, adoptée le 23 mai 1969 et entrée en vigueur en 1980, constitue la grammaire du droit international public en matière de traités. Elle codifie un ensemble de règles largement coutumières applicables aux traités conclus entre États.
Champ et portée
La convention s’applique aux traités conclus par écrit entre États. Une convention parallèle de 1986 régit les traités auxquels sont parties des organisations internationales, mais elle n’est pas encore en vigueur faute du nombre requis de ratifications. La France n’est pas formellement partie à la Convention de 1969, mais le juge français applique ses dispositions au titre de la coutume internationale, à l’image de la plupart des juridictions internes et internationales.
Règles structurantes
Le texte fixe les règles de conclusion, d’entrée en vigueur, de réserves, d’interprétation, d’application territoriale, d’amendement, de suspension et d’extinction des traités. L’article 31 consacre la règle d’interprétation de bonne foi suivant le sens ordinaire des termes, dans leur contexte et à la lumière de l’objet et du but du traité. L’article 53 introduit la notion de norme impérative du droit international général (ius cogens), qui ne peut être écartée par voie conventionnelle.
Réserves et nullité
La convention organise un régime détaillé des réserves : un État peut, sauf interdiction expresse, exclure ou modifier l’effet juridique de certaines dispositions à son égard, sous réserve de la compatibilité avec l’objet et le but du traité. Elle prévoit aussi les causes de nullité (vice du consentement, contrainte sur l’État) et les motifs d’extinction ou de suspension (violation substantielle, changement fondamental de circonstances, survenance d’une norme impérative nouvelle).
Pour les affaires publiques
- Cadrer l’analyse juridique des accords internationaux et de leur articulation avec le droit interne.
- Identifier les marges d’interprétation et les risques contentieux liés à une rédaction ambiguë.
- Anticiper les conséquences d’une dénonciation, d’une suspension ou d’un retrait d’un État partie.
Sources officielles
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