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Lexique parlementaire

Grassroots lobbying

Stratégie d'influence qui mobilise des citoyens, des membres ou des sympathisants pour qu'ils interpellent directement les décideurs publics, en appui d'une cause portée par une organisation.

Le grassroots lobbying est une stratégie d’influence qui, plutôt que d’agir directement auprès des décideurs, mobilise une base de citoyens ou de membres pour qu’ils portent eux-mêmes un message auprès des pouvoirs publics. L’objectif est de signaler l’existence d’un soutien populaire et d’exercer une pression collective sur les élus ou l’administration.

Mécanismes et outils

La démarche repose sur plusieurs leviers. Une organisation identifie d’abord les personnes susceptibles de se mobiliser : membres d’une fédération, clients d’une entreprise, adhérents d’une association, salariés d’un secteur. Elle leur fournit ensuite des outils pour agir : formulaires de contact prérédigés à envoyer à leur député, kits de campagne, pétitions en ligne ou appels à participation aux consultations publiques.

L’efficacité de la méthode repose sur la crédibilité du soutien mobilisé. Un élu sera davantage attentif à un message émanant de ses propres électeurs que d’un représentant d’intérêts professionnel. C’est pourquoi les campagnes de grassroots lobbying cherchent à cibler les bons territoires et les bons profils, en cohérence avec la représentation des décideurs visés.

Distinction avec l’astroturfing

La frontière entre grassroots lobbying légitime et astroturfing tient à la transparence. Dans le premier cas, les participants sont de véritables parties prenantes qui s’expriment librement sur la base d’informations fournies par l’organisation. Dans le second, une organisation crée artificiellement l’apparence d’un mouvement citoyen spontané pour dissimuler ses propres intérêts. L’astroturfing est une pratique trompeuse, contraire aux règles déontologiques de la représentation d’intérêts.

Encadrement en France

La loi Sapin II du 9 décembre 2016 définit la représentation d’intérêts comme le fait d’entrer en communication avec des responsables publics pour influencer une décision. Lorsqu’une organisation coordonne des actions de grassroots lobbying à cette fin, elle peut être considérée comme un représentant d’intérêts et devoir s’inscrire au répertoire tenu par la HATVP. Les obligations de transparence s’appliquent à l’organisation coordinatrice, même si les contacts individuels sont effectués par des tiers.

Pourquoi c’est utile en affaires publiques

Le grassroots lobbying permet de démultiplier la portée d’un plaidoyer en ancrant le message dans une réalité vécue par des citoyens ou des professionnels. Une veille sur les textes en cours d’examen est indispensable pour identifier le bon moment d’activation : une campagne lancée trop tôt ou trop tard, par rapport au calendrier législatif, perdra l’essentiel de son impact.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le grassroots lobbying ?

C'est une technique d'influence qui consiste à mobiliser des individus (citoyens, membres d'une association, clients, salariés) pour qu'ils contactent eux-mêmes les élus ou l'administration en faveur d'une cause.

En quoi diffère-t-il du lobbying classique ?

Le lobbying classique est une démarche directe d'une organisation vers les décideurs. Le grassroots lobbying passe par des tiers : il cherche à démontrer un soutien populaire pour renforcer la légitimité du message.

Est-il encadré en France ?

Oui. Lorsqu'une organisation coordonne des contacts citoyens pour influencer les pouvoirs publics, elle peut relever de la définition de la représentation d'intérêts au sens de la loi Sapin II et devoir s'inscrire au répertoire de la HATVP.

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