Lexique parlementaire
Principe de subsidiarité
Principe selon lequel l'Union européenne n'agit que si les objectifs d'une action peuvent être mieux atteints à l'échelle européenne qu'au niveau des États membres. Il protège les compétences nationales.
Le principe de subsidiarité est l’un des principes structurants du droit de l’Union européenne. Il encadre l’exercice des compétences partagées entre l’Union et ses États membres en imposant que l’action européenne ne soit engagée qu’à la condition que les objectifs visés ne puissent pas être atteints de manière suffisante à l’échelon national, régional ou local.
Fondement juridique
Le principe est consacré par le Traité sur l’Union européenne. Il ne s’applique pas aux domaines relevant de la compétence exclusive de l’Union (politique commerciale commune, union douanière, politique monétaire de la zone euro), où l’UE peut agir librement. En revanche, dans tous les domaines de compétences partagées (marché intérieur, environnement, transports, énergie…), chaque initiative législative doit justifier sa conformité à ce principe.
Le mécanisme de contrôle : le carton jaune
Les parlements nationaux disposent d’un droit de regard sur le respect de la subsidiarité. Dans les huit semaines suivant la transmission d’un projet d’acte législatif, chaque parlement peut émettre un avis motivé contestant la conformité de l’initiative. Si le seuil d’un tiers des suffrages attribués aux parlements nationaux est atteint, la Commission est contrainte de réexaminer sa proposition. Ce mécanisme, dit “carton jaune”, a été utilisé à plusieurs reprises depuis son introduction.
Le “carton orange” (majorité simple des suffrages) impose un réexamen encore plus approfondi et peut conduire à l’abandon du texte si une majorité du Parlement européen ou du Conseil s’y oppose après réexamen.
Subsidiarité et proportionnalité
Ces deux principes sont souvent associés dans les traités. Là où la subsidiarité interroge la légitimité d’une action européenne, la proportionnalité en encadre l’intensité. Ensemble, ils forment un double filtre que doit franchir toute directive européenne ou tout règlement européen avant d’être adopté.
La Commission européenne doit produire une analyse d’impact préalable démontrant que les deux principes sont respectés. Cette analyse est soumise à l’examen du Comité d’examen de la réglementation (Regulatory Scrutiny Board).
Pourquoi c’est utile en affaires publiques
Le principe de subsidiarité est un levier d’action pour les organisations qui cherchent à contester ou à infléchir des initiatives législatives européennes. Mobiliser les parlements nationaux dans le cadre du carton jaune, ou documenter qu’un objectif peut être atteint par des mesures nationales, sont des stratégies concrètes de plaidoyer. Comprendre ce principe permet aussi de mieux anticiper à quel niveau (UE ou national) les décisions seront prises, et donc où concentrer les efforts de veille et d’influence réglementaire.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le principe de subsidiarité ?
C'est un principe inscrit dans les traités européens qui impose à l'Union d'agir uniquement lorsque les objectifs d'une action ne peuvent pas être suffisamment atteints par les États membres et peuvent l'être mieux au niveau européen.
Comment les parlements nationaux contrôlent-ils la subsidiarité ?
Via le mécanisme dit du carton jaune : si un tiers des parlements nationaux estime qu'un projet d'acte législatif viole la subsidiarité, la Commission doit réexaminer sa proposition.
En quoi ce principe diffère-t-il de la proportionnalité ?
La subsidiarité porte sur la question de savoir si l'UE doit agir. La proportionnalité porte sur la manière dont elle agit : le contenu de l'acte ne doit pas excéder ce qui est nécessaire pour atteindre les objectifs poursuivis.
Comprendre, c'est bien. Agir, c'est mieux.
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