Lexique parlementaire
Espace Schengen
Zone de libre circulation des personnes regroupant la majorité des États européens, fondée sur la suppression des contrôles aux frontières intérieures et une politique commune aux frontières extérieures.
L’espace Schengen est une zone au sein de laquelle la libre circulation des personnes est assurée par la suppression des contrôles systématiques aux frontières entre les États participants. Il tire son nom de la ville luxembourgeoise de Schengen, où les premiers accords ont été signés en 1985. Ces accords et la convention qui les complétait ont depuis été intégrés dans le droit de l’Union européenne par le traité d’Amsterdam.
Fondements juridiques et fonctionnement
Le cadre juridique de Schengen repose sur un ensemble de textes, dont le principal instrument en vigueur est le code frontières Schengen, adopté sous forme de règlement européen et régulièrement mis à jour. Ce règlement définit les règles applicables aux franchissements des frontières extérieures communes et les conditions dans lesquelles les États peuvent rétablir temporairement les contrôles aux frontières intérieures.
La coopération Schengen comprend également une politique commune en matière de visas de court séjour (visa Schengen, dit “visa C”), permettant à son titulaire de circuler dans l’ensemble de l’espace pour une durée maximale de quatre-vingt-dix jours sur toute période de cent quatre-vingts jours.
Instruments communs
Pour compenser la suppression des contrôles aux frontières intérieures, les États Schengen ont développé des outils de coopération :
- le Système d’information Schengen (SIS), base de données partagée permettant de signaler des personnes ou objets recherchés à l’ensemble des autorités compétentes,
- les accords de coopération policière et judiciaire entre États membres,
- les évaluations Schengen, mécanisme d’évaluation par les pairs permettant de vérifier l’application correcte des règles communes.
Composition de l’espace Schengen
L’espace Schengen ne se confond pas exactement avec l’UE. Certains États membres de l’UE n’en font pas partie, tandis que des États tiers (Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse) y participent pleinement. Des États membres de l’UE sont en cours d’adhésion complète à l’espace Schengen. Cette architecture complexe crée des règles différenciées selon la nature des frontières concernées.
Limites et clauses de sauvegarde
Le code frontières Schengen prévoit que les États peuvent rétablir temporairement les contrôles aux frontières intérieures en cas de menace grave et prévisible pour l’ordre public ou la sécurité intérieure. Ces mesures sont encadrées par des conditions de durée et de proportionnalité, et font l’objet de notifications auprès du Conseil de l’UE et de la Commission.
Pourquoi c’est utile en affaires publiques
Pour les professionnels des affaires publiques actifs sur les dossiers migratoires, sécuritaires ou de libre circulation, l’espace Schengen constitue un cadre de référence incontournable. Les débats récurrents sur les contrôles aux frontières, les réformes du code frontières ou les élargissements de l’espace sont autant d’occasions pour les acteurs concernés de faire valoir leurs intérêts dans les discussions au Conseil européen et au Conseil de l’UE.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'espace Schengen ?
C'est un espace de libre circulation des personnes au sein duquel les contrôles aux frontières intérieures ont été supprimés. Les États participants appliquent des règles communes pour les frontières extérieures et la politique des visas.
Tous les États membres de l'UE font-ils partie de Schengen ?
Non. Certains États membres de l'UE ne participent pas à l'espace Schengen ou n'y ont pas encore adhéré. À l'inverse, des États non membres de l'UE comme la Norvège, l'Islande, la Suisse et le Liechtenstein en font partie.
Un État peut-il rétablir temporairement les contrôles aux frontières intérieures ?
Oui. Le code frontières Schengen autorise le rétablissement temporaire des contrôles aux frontières intérieures en cas de menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure, sous conditions strictes de durée et de notification.
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