Lexique parlementaire
Économie de guerre
Mode d'organisation de l'économie nationale visant à accroître rapidement les capacités de production industrielle en matière de défense, en mobilisant l'ensemble des acteurs publics et privés autour de l'effort de défense.
L’expression économie de guerre désigne la mise en oeuvre d’un ensemble de mesures visant à adapter l’appareil productif national aux exigences d’un effort de défense soutenu et accéléré. Elle implique une coordination renforcée entre l’État, les industriels de la défense et l’ensemble des filières qui alimentent la base industrielle et technologique de défense.
Origines et résurgence du concept
Historiquement associé aux conflits mondiaux du XXe siècle, le concept d’économie de guerre a retrouvé une actualité dans les débats stratégiques européens à la suite de la guerre en Ukraine. Les responsables politiques et militaires ont pris conscience que les rythmes de production industrielle habituels, adaptés à une logique de temps de paix, pouvaient être insuffisants pour alimenter des engagements de haute intensité sur la durée.
Les leviers mobilisables par l’État
La loi de programmation militaire confère à l’État des outils spécifiques pour accélérer la production de défense. Parmi ces leviers figurent la possibilité de réquisitionner des capacités industrielles, de recourir à des marchés d’urgence selon des procédures dérogatoires aux règles habituelles de la commande publique, et d’imposer des obligations de constitution de stocks ou d’augmentation de cadences à certaines entreprises considérées comme essentielles à l’effort de défense.
La montée en puissance des filières
L’économie de guerre suppose une montée en cadence sur l’ensemble de la chaîne de valeur : approvisionnement en matières premières et composants critiques, capacités de fabrication, main-d’oeuvre qualifiée. Elle met en évidence les vulnérabilités et les dépendances qui caractérisent certaines filières, notamment en matière de composants électroniques, de poudres et explosifs, ou de certains alliages métalliques.
Financement et arbitrages budgétaires
L’adaptation de l’économie à un régime de guerre implique des investissements importants, financés en partie par les crédits de la loi de finances consacrés à la défense. Les débats budgétaires sur l’effort de défense et sur la trajectoire de dépenses militaires sont directement liés à la capacité de l’État à soutenir cet effort industriel dans la durée.
Pourquoi c’est utile en affaires publiques
Pour les professionnels des affaires publiques dans le secteur de la défense et de l’industrie, l’économie de guerre est un prisme analytique et un cadre réglementaire en pleine évolution. Elle génère de nouvelles obligations pour les entreprises, modifie les règles de la commande publique de défense et redéfinit les priorités d’investissement public. Suivre les textes législatifs et réglementaires qui en découlent est indispensable pour anticiper les contraintes et les opportunités qui en résultent.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que l'économie de guerre ?
L'économie de guerre désigne la réorientation d'une partie des capacités économiques nationales vers la production d'équipements et de munitions militaires, avec des procédures accélérées et des outils de planification spécifiques permettant de répondre rapidement à une montée en puissance des besoins de défense.
Quels sont les outils juridiques de l'économie de guerre en France ?
La loi de programmation militaire donne à l'État des leviers spécifiques : possibilité de recourir à des réquisitions industrielles, de passer des marchés d'urgence dérogatoires aux règles habituelles, et d'imposer des obligations de stocks ou de production à certaines entreprises.
Pourquoi ce concept a-t-il resurgi dans le débat public ?
La résurgence des conflits de haute intensité en Europe a remis en lumière la nécessité d'adapter les rythmes de production industrielle aux besoins opérationnels réels, qui peuvent dépasser très rapidement les capacités d'une industrie dimensionnée pour le temps de paix.
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